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La nouvelle du mois : "À côté, si j'y suis",

publiée en 2016 dans la revue québécoise "XYZ".

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J

anus était un petit garçon curieux de tout. Quand on a dix ans, il est normal d’essayer de comprendre le monde. Le mieux est souvent d’aller y voir par soi-même. Parce qu’avec les parents, on n’irait pas très loin. Dès qu’on pose une question sérieuse, ils deviennent évasifs. Ou alors, ils s’enlisent dans des explications farfelues. Il arrive même qu’ils se fâchent. Mais aller y voir est souvent périlleux. Quand, chez la voisine, il était entré sans prévenir dans la salle de bains où les jumelles faisaient leur toilette, ça s’était mal passé. Il n’avait pas de sœur, il voulait juste vérifier. Les réponses des parents étaient si peu convaincantes. Il avait appris ce jour-là qu’il vaut mieux faire semblant de croire ce qu’on vous dit.

Plus tard, il lui était arrivé d’entrer sans frapper dans la bibliothèque, pour écouter son père et tante Jeanne. Ils étaient très proches l’un de l’autre, ils parlaient tout bas comme quand on se dit des choses importantes. Dès qu’ils s’étaient rendu compte de sa présence, ils étaient devenus très agités. Ils s’étaient rhabillés rapidement et l’avaient accablé de reproches. Curiosité malsaine, petit vicieux… Lui voulait simplement savoir, il ne voyait pas ce qu’il y avait de mal à ça.

Un autre endroit intéressant était le bureau. Mais là aussi, il y avait des risques. Comme le père était très attentif devant l’ordinateur, il ne prenait pas toujours garde à l’arrivée discrète de son fils. Janus pouvait ainsi passer derrière le fauteuil. Il avait le temps de regarder. Des fois, c’était juste des colonnes de chiffres. Mais souvent, c’était beaucoup plus gai, plus vivant. Alors, il aimait bien arriver en silence. Son père, lui, n’aimait pas du tout. Il éteignait l’écran aussitôt. On n’avait pas le temps de bien voir, c’était dommage.

Elles n’étaient pas très habillées les dames sur l’écran, mais bien jolies quand même. Il aurait aimé en avoir des comme ça sur son ordinateur. Par exemple, les petites jumelles. Parce qu’il n’avait pas eu le temps de bien voir le jour de la salle de bains. Une fois, son père était tellement concentré qu’il avait mis plusieurs secondes avant de se rendre compte qu’il était là et d’éteindre l’écran. Quand il avait demandé qui c’était, la dame, le père s’était mis en colère. Il avait vociféré des propos grossiers et, en plus, absurdes. « Tu commences à m’emmerder. Va donc voir à côté si j’y suis. » C’est là que tout avait commencé.

À côté, c’était le salon. C’était une idée saugrenue de lui demander d’aller voir s’il y était, puisqu’il était dans le bureau. Mais devant le regard paternel, il comprit qu’il valait mieux y aller. Il s’exécuta et constata sans surprise qu’il n’y avait personne. Il revint donc le lui dire. Mais le père le prit fort mal. « Menteur, tu n’as pas bougé d’ici ! » Menteur ! Pourtant, il en revenait juste, d’à côté ! Son père avait bien dû le voir. Mais il insista. « Je ne t’ai pas quitté des yeux. Tu n’es pas sorti de la pièce. Tu mens toujours aussi bêtement. »

C’était très troublant, son père plaisantait rarement. Alors, il y réfléchit plus attentivement. Après tout, ce n’était peut-être pas impossible, qu’il soit un tout petit peu resté dans le bureau, en même temps qu’il était allé dans le salon. Ça peut sembler bizarre, mais on n’est pas forcément toujours exactement là où on croit être. En tout cas, pas complètement. Par exemple, quand il se faisait réprimander, il se défendait en pensant qu’il était ailleurs. Au moins la moitié de lui était tranquille pendant que le reste se faisait houspiller. Et combien de fois la maîtresse lui avait reproché d’avoir la tête ailleurs ? Si on peut avoir la tête ailleurs, pourquoi pas le reste ? Peut-être que cette fois-ci, il avait été un petit peu plus loin dans sa façon d’être ailleurs en même temps. Il avait dû aller dans le salon, sans même se rendre compte qu’il était quand même resté dans le bureau. Son père, lui, n’avait été qu’à un seul endroit, derrière son écran.

Mais s’il était parti en restant, pourquoi son père ne l’avait pas vu partir, alors qu’il l’avait vu rester ? Peut-être que quand on fait ça, la séparation ne se voit pas bien. Comme la situation devenait tendue, il préféra ne pas discuter. D’ailleurs, pour que son père soit sûr qu’il y était bien allé, il aurait fallu que lui aussi y soit allé pour le constater. Mais s’il l’avait fait, Janus n’aurait pas pu vérifier qu’il n’y était pas, puisqu’il y aurait été. Sans compter que pour savoir que Janus était quand même resté dans le bureau, il aurait fallu que le père aussi soit capable d’être à deux endroits différents en même temps. Pourquoi donc est-il si difficile d’établir clairement les choses les plus simples ?

Pour ne pas avoir d’ennui, il décida donc d’y retourner, en s’efforçant cette fois de s’emmener en entier. Finalement, il suffisait d’un peu de concentration. Son père, comme prévu, n’y était toujours pas. Il revint donc le lui dire. Il eut une nouvelle fois le temps d’entrevoir une dame sur l’écran, la même qu’avant, mais dans une tenue encore plus simple. « Tu le fais exprès ? Je t’ai dit d’aller y voir, pas de revenir me le dire. Je le sais bien que je ne suis pas à côté, puisque je suis ici. » L’argument n’était pas très convaincant. Mais, compte tenu de la dégradation de la situation, il préféra se retirer une nouvelle fois en entier, maintenant qu’il savait comment il fallait faire.

Il aurait quand même bien aimé savoir qui était la dame. Ce n’était pas tante Jeanne, mais elle lui rappelait quelqu’un. Une voisine ? Une secrétaire de son père ? C’est difficile de reconnaître les dames quand elles sont déshabillées. Les vêtements aident quand même à les identifier. Encore que les jumelles, il était sûr qu’il saurait les reconnaître, quelle que soit leur tenue. En attendant, c’était en vrai, et pas seulement au figuré, qu’il pouvait être ici et là en même temps. La plupart des gens ne semblaient pas en être capables...

Il finit par se demander s’il n’avait pas une sorte de maladie. Il ne savait pas trop à qui demander conseil. Sûrement pas à son père. Parce que si celui-ci était bien une sorte de spécialiste de la dispersion, c’était un endroit après l’autre. Une fois à la maison, une fois chez une secrétaire, souvent au bureau, des fois dans un hôtel, mais jamais en même temps. En plus, il n’aimait pas du tout qu’on ait l’air de s’intéresser à ses lieux divers.

Il en parla donc à sa mère. Il avait à peine exposé son affaire, qu’elle lui avait pris rendez-vous chez un psychiatre. Cet homme-là n’avait pas de problème d’ubiquité. Il était scotché à un seul endroit, la chaise derrière le divan. Sa situation fixe n’avait pas l’air de l’aider beaucoup à y voir clair. Il s’empêtrait dans des explications confuses. Il pensait avoir résolu le problème en parlant de schizophrénie, de dédoublement de la personnalité. Dédoublement, il n’y avait pas besoin d’un spécialiste pour s’en rendre compte. Mais pour ce qui se dédoublait, le gars était loin du compte. Janus savait bien que ce n’était pas seulement sa personnalité qui se baladait à droite et à gauche. C’était lui tout entier. Il en conclut qu’être en deux lieux différents à la fois, ce n’était, après tout, pas plus mystérieux que d’être vivant à un seul endroit. Dans les deux cas, on ne saurait pas expliquer comment on en est arrivé là. Puisqu’on y est, le mieux à faire est d’en profiter comme on peut. Il comprit vite les avantages qu’il pouvait en tirer. C’est comme ça, par exemple, qu’il devint doué en mathématiques. Le prof donnait des devoirs en classe tirés des annales corrigées. Janus trouva vite l’astuce. En même temps qu’il était là à faire le devoir, il était en train de lire le corrigé au centre de documentation. En plus, comme sa présence en classe n’avait pas grand-chose à faire en attendant les résultats, il pouvait contempler les jumelles. Elles étaient maintenant dans la même classe que lui. Qu’est-ce qu’elles étaient belles, avec leur air concentré. Elles, elles n’avaient pas besoin d’aller voir ailleurs pour résoudre le problème. Elles étaient belles et douées. Il en était si ému qu’il devait faire attention pour bien noter la solution transmise par son autre lui-même. C’est au moins deux fois plus difficile d’être deux à soi seul que d’être un tout seul. Il avait bien entrevu les possibilités que pouvait apporter le don d’ubiquité en matière de crimes et délits. Mais cet usage de ses dons n’aurait pas vraiment été dans sa nature. Le dédoublement n’entraîne pas obligatoirement la duplicité. S’il commettait quelques petites tricheries, c’était pour l’amusement. On pourrait même dire pour le côté esthétique. Il n’était pas plus malhonnête qu’un gars réduit à un seul endroit.

Les jumelles lui posaient de gros problèmes. D’abord, elles étaient deux. Il n’était pas le premier à hésiter entre deux amours. Mais c’était de vraies jumelles. Il était difficile de les distinguer, c’était pratiquement la même fille en deux exemplaires. Comment voulez-vous choisir entre quelque chose et la même chose ? Il était à peine capable de les reconnaître. L’amour ne rendant pas nécessairement vif d’esprit, il lui fallut quelque temps pour se rendre compte que sa faculté de dédoublement était la solution. Les jumelles étaient deux, lui aussi pouvait être deux. Entre lui et lui, ce serait chacun la sienne.

Il se lança donc dans le subterfuge d’une double conquête simultanée. Il faisait la cour à l’une ici pendant qu’il faisait la cour à l’autre ailleurs. Comme ça, il n’avait pas à choisir entre l’une et la même. En plus, aucune des deux ne pouvait le surprendre avec l’autre, puisque toutes les deux étaient avec lui, chacune de son côté. Ce n’était peut-être pas très moral, mais quelle plénitude. Il vécut des moments merveilleux.

Mais quand les combines fonctionnent bien, on finit par commettre des imprudences. C’est le football qui faillit le perdre. C’était un supporter passionné. Il n’aurait pas aimé rater un match de son équipe préférée, au stade ou, le plus souvent, à la télé. Or, ça n’intéressait pas beaucoup les jumelles. Pire, selon une tendance fréquente chez les dames, elles exprimaient un besoin urgent de câlins précisément le soir où il y avait une bonne rencontre. Comment faire entre un match et deux jumelles ? Son talent de se séparer avait du mal à dépasser deux endroits. S’il tentait d’en rejoindre un troisième, sa présence dans les deux autres devenait assez inconsistante. Comme il se disait, avec un brin de cynisme, qu’être avec l’une des deux jumelles, c’était quand même être un peu avec l’autre, le choix s’imposait de lui-même. C’était câlin et foot, en renonçant provisoirement à l’une des deux sœurs. Il inventait n’importe quelle excuse pour l’une, du genre devoir à finir. Puis il invitait l’autre chez lui au sous-sol dans la perspective d’un gros câlin. Il se sentait d’autant moins coupable, qu’il ne savait pas trop envers laquelle il aurait dû l’être, vu qu’il n’était jamais complètement sûr de ne pas avoir pris l’une pour l’autre. Une fois l’heure de début du match arrivée, tout en poursuivant tendrement le câlin d’un côté, il se levait en douce, et allait tranquillement regarder la retransmission dans le salon en même temps.

Mais il y avait un point faible dans l’astuce. C’était que, pendant ce temps, l’autre jumelle était en liberté. Si elle venait le voir, malgré le bobard inventé pour l’occasion, il aurait des difficultés pour préserver le match. En espérant d’ailleurs qu’elle n’ait pas la malencontreuse idée de venir le voir à l’autre endroit où il était. C’est-à-dire avec l’autre jumelle. Parce que là, ça risquerait de mal se passer. Les gens normaux ont finalement beaucoup de chance d’avoir l’air d’être entièrement là où ils sont. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça simplifie les mensonges.

Quand il y a un point faible, c’est là que ça lâche. Elle était censée ne pas venir, mais rien ne l’en empêchait. Cela finit donc par arriver. Elle avait pensé qu’elle pourrait l’aider pour son devoir. Elle arriva sans avertir, comme elles en avaient l’habitude. L’occurrence de Janus qui était dans le salon était concentrée sur la télé. Le match ne se passait pas très bien, son équipe préférée était en difficulté. Il fut fort contrarié de cette arrivée intempestive. D’abord, parce qu’elle allait lui faire rater le premier but. Mais surtout, parce qu’il craignait qu’elle ne veuille l’entraîner dans la chambre. Elle constaterait alors qu’il y était déjà, mais en compagnie de sa sœur. Non seulement il risquerait d’y avoir du grabuge, mais qu’est-ce que ça allait être difficile à expliquer. Alors, autant sa présence dans la chambre avec l’une était bien agréable, autant avec l’autre, dans le salon, la situation devenait périlleuse. Ravissement et angoisse en même temps, il commençait à comprendre pourquoi on parlait de la souffrance des schizophrènes.

Comme il l’avait craint, la jumelle devant le match de foot commença avec perfidie à le serrer de près. Déjà qu’il faut être attentif pour bien suivre un match, si en plus des incitations imprévues viennent déconcentrer… Histoire de ne lui laisser aucune chance, elle se mit à frotter ses jambes contre les siennes. Comment suivre correctement le jeu dans ces conditions ? Alors, quand elle le prit par la main et l’entraîna vers la chambre, il ne savait plus du tout où il en était. On allait à la catastrophe. Un instant, il songea à redevenir un seul et à supprimer sa présence de l’autre côté avant d’y entrer. Mais celle de la chambre n’allait plus rien comprendre en le voyant disparaître subitement de ses bras avant de revenir par la porte. En plus, en compagnie de sa jumelle. Il allait y avoir de gros problèmes. Celle côté foot lui dit de manière coquine, en montrant la chambre, « Viens donc voir à côté, si j’y suis. »

Ah pour çà, non, il savait bien qu’elle n’y était pas. C’était sa sœur qui y était, déjà en conversation intime avec son autre lui. La situation devenait assez chaude des deux côtés de la porte. Avec un lui et une jumelle de chaque côté, il ne voyait vraiment pas comment tout cela allait pouvoir finir. Il se mit à regretter Feydeau, la belle époque où les vaudevilles se jouaient entre personnes d’identités différentes. Il ne chercha même plus à résister. Elle était trop convaincante. D’ailleurs, elles l’étaient toutes les deux. Il ne savait pas du tout comment ça allait se passer. Comment chacune des deux jumelles allait-elle réagir en le voyant en double exemplaire ? Comment ses deux présences allaient-elles coexister ? Il n’eut le temps de rien. Ils se retrouvèrent tous les trois à quatre dans la chambre. Lui en état de dédoublement et les deux jumelles. L’un et l’autre de lui eut la présence d’esprit de trouver une parade. « Ma chérie, je te présente mon jumeau. Je ne t’en ai jamais parlé, j’avais peur que ça te déstabilise. Que ça ne te plaise pas. » Les deux sœurs répondirent en même temps. « Pourquoi je n’aimerais pas ? C’est touchant, deux jumeaux amoureux de deux jumelles. » Il pensa que la situation était provisoirement sauvée, même s’il ne voyait pas très bien comment ça allait pouvoir s’agencer pour la suite. Il en était là de ses inquiétudes, quand il les entendit proférer la même chose, quasi d’une même voix. Chacune lui dit : « Ah, tu es trop mignon, mon Janus. On s’est bien amusé, mais on savait bien que ça s’arrêterait un jour ou l’autre. On ne peut pas éternellement jouer à être deux à soi tout seul. » Avaient-elles enfin découvert que lui et lui, c’était le même ? Il vécut alors la plus grande surprise de sa vie. Elles se rapprochèrent, elles se prirent par la main. Elles se rapprochèrent encore. Il n’eut le temps de rien comprendre. Il n’en restait plus qu’une. C’était comme si l’une s’était fondue dans l’autre. « Mais c'est pas possible ! Où est-elle passée… ? » dit-il en même temps que lui-même à celle qui était encore là. Ils n’étaient plus que trois dans la chambre. La jumelle devenue unique répondit, avec un ton d’ironie douce. « Mon double chéri, je suis comme toi, je n’ai jamais eu de jumelle. Quand j’étais petite, un jour où ma mère me faisait des reproches, j’ai découvert que je pouvais être ailleurs en même temps. Elle a fini par découvrir mon petit jeu, elle a laissé faire. Elle trouvait ça amusant. Alors, j’ai vite remarqué que toi aussi, tu jouais les dédoublés. Moi, ça m’a tellement plu que j’ai depuis presque toujours fait semblant d’être deux. »

Elle et elle réunifiées se mit à lui expliquer son cas. Elle s’était posé la question de quelle limite fallait-il pour qu’à côté, ça ne soit pas ici. Est-ce qu’il fallait au moins un mur de séparation ? Elle avait découvert qu’à deux chaises de distance dans la même salle, c’était encore à côté. Elle en profita donc pour être avec elle-même élèves dans la même classe. Elles avaient même constaté qu’il n’y avait pas de distance minimale. Elles n’étaient pas obligées d’être complètement extérieures l’une à l’autre. Leurs présences pouvaient se chevaucher. Quand elle n’était plus qu’à un millimètre de déplacement par rapport à elle-même, un observateur pouvait la voir trouble. Ce qu’elles avaient pu s’amuser à faire croire à des gens qu’ils avaient des problèmes de vision !

Abasourdi de ces révélations, Janus se demanda si ceux qui ont l’air d’être seulement là où ils sont, n’étaient pas simplement des simulateurs. Des gens qui font semblant d’être uniques par malhonnêteté, ou simplement parce qu’ils ont honte d’avouer leur pluralité. Il se sentit débordé. En tout cas, elle l’avait bien eu. Il eut d’abord le même manque d’humour que le menteur qui découvre qu’on lui ment. Il était outré d’avoir été trompé tout ce temps par une fausse jumelle unique. Du coup, il se demandait combien s’étaient moqués de lui en le regardant jouer son numéro d’amateurs. Les vrais pros du dédoublement, y compris ceux qui restent à la même place, avaient dû le prendre pour un schizo de pacotille. Recouvrant son calme, il lui fallut convenir qu’elle n’avait pas fait beaucoup pire que lui. Il serait ridicule de persévérer. Alors, un peu découragé de tout un passé de rouerie inutile, il préféra revenir en un seul lui. Ils ne furent plus que deux. La monojumelle lui dit alors, non sans malice : « Maintenant qu’on a simplifié la situation, j’aimerais bien retourner voir à côté si tu y es. Le divan est confortable. On regardera la fin du match ensemble. Tu pourras continuer à faire deux choses en même temps, même en n’étant plus qu’un seul à être toi. Rien que chacun soi, tu sais, il y a quand même largement de quoi faire… »

Il n’est possible de raconter ni cette nuit d’amour ni ce match de foot. Il y avait trop de tout de toutes parts, tout ça au même endroit. Ils étaient tellement de monde à eux deux qu’ils ne firent plus qu’un. Janus se dit qu’avec un tel trop-plein de l’ici même, il n’y avait vraiment pas besoin d’aller voir à côté. Il commençait à comprendre qu’il y a, en chaque recoin, bien plus de choses qu’on n’en peut rêver...



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